Guerre aux bas salaires !

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Image: pixabay

Le gouvernement vient d’annoncer cinq nouvelles politiques visant à lutter contre les bas salaires dans le pays : la hausse de salaire du secteur public, la hausse du salaire horaire, l’évaluation d’une entreprise privée par le salaire lorsque le secteur public procède à des achats. Ensuite, quatrième mesure : l’encouragement au secteur privé à augmenter les salaires et enfin, la transparence des salaires dans les annonces de recrutement. Cinq mesures qui s’inscrivent toutes parmi les politiques citées que le gouvernement entend mettre en place à compter de l’année prochaine.

A propos de la hausse de salaire du secteur public, le gouvernement soulève la barre minimale de 30 000 dollars taiwanais, soit 850 euros par mois, pour l’ensemble des employés des entreprises et des organismes publics qui ne jouissent pas d’un contrat à durée indéterminée. Cette mesure devrait bénéficier à 16 000 personnes, ce qui nécessitera un investissement de 960 millions de dollars taiwanais (environ 27 millions d’euros). Il y aura également une hausse du salaire horaire jusqu’à 150 dollars taiwanais soit environ 4,2 euros.

Ces politiques permettront-elles d’améliorer la situation des bas salaires ?

Le directeur de l’institut de recherche de Taiwan, Wu Tsai-Yi (吳再益), considère ces politiques comme des cubes allumes-feu qui ne résolvent pas le problème de fonds. En effet, la hausse du salaire horaire ou du salaire du secteur public ne permet que de dynamiser la consommation alors que l’économie taiwanaise reste toujours dépendante de son commerce extérieur. Et seule une réelle amélioration de l’économie du pays fera que le problème des bas salaires ne se pose plus. Le directeur de l’institut de recherche de Taiwan estime d’ailleurs que de toute évidence, le gouvernement ne peut pas toujours réajuster les salaires de la fonction publique à la hausse en espérant pouvoir encourager le secteur privé.

Chiu Darson (邱達生), directeur adjoint du centre de prévision de l’Institut de recherche économique de Taiwan, a indiqué que les politiques taiwanaises sur le long terme pourrait engendrer une hausse du chômage. Il se base sur l’exemple de la Corée du Sud qui a augmenté le salaire minimum de plus de 16% et qui fait maintenant face à une hausse rapide du chômage. D’ailleurs, 40% des entreprises interrogées ont exprimé leur intention de licenciement. Ces entreprises sont essentiellement des PME ou des secteurs à forte demande de main d’oeuvre. La densité des PME étant plus élevée à Taiwan qu’en Corée du Sud, Chiu Darson invite le gouvernement à être particulièrement prudent dans le traitement du salaire minimum.