Hoping-dao, île de la paix

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Hoping-dao, île de la paix (photo : flickr)

A seulement 74 mètres au nord de l’île principale de Taiwan se situe un ensemble de trois petites îles nommées Hoping-dao, ou « île de la paix ». Sur le plan administratif, ces trois îles rattachées par des terres créées pour en faire une seule font partie de la ville de Keelung.

Hopingdao, île de la paix (image : wikipedia)

Grâce à sa position géographique, Hoping-dao occupe une place stratégique importante. En effet, l’île se trouve à l’entrée du port de Keelung, côté Est, et contrôle ainsi tous les navires fréquentant le port. Cet emplacement explique bien les invasions successives par des forces étrangères depuis le 17e siècle jusqu’à la fin du 19e. Il y eut d’abord les Espagnols et les Hollandais, puis les Japonais. Avant l’arrivée de ces occupants soutenus par leur gouvernement respectif, il devait y avoir aussi des pirates, notamment de Chine et du Japon.

Hopingdao en 1626 (image : wikipedia)

Dans les années 20 du 17e siècle, les Hollandais dominaient une grande zone au sud de l’île de Formose (Taiwan), notamment à Tainan. Ceci souleva l’inquiétude des occupants espagnols aux Philippines qui cherchaient à contrôler la partie nord de l’île afin de protéger leur commerce avec la Chine et le Japon. Ainsi, en mai 1626, une flotte espagnole partant de l’archipel philippin se dirigea vers le nord en longeant la côte Est de Taiwan où vivaient principalement des populations autochtones de différentes ethnies. Sans avoir rencontré de résistance significative, cette conquête fut relativement facile. Suite à leur débarquement à Hoping-dao, les Espagnols célébrèrent leur victoire le 16 mai. Ils y construisirent par la suite des points d’artillerie ainsi que le fameux fort San Salvador, soit le premier fort occidental que le nord de Taiwan a jamais accueilli. Finalement, les Hollandais, qui ne souhaitaient pas partager Formose avec une autre puissance maritime, mirent les Espagnol à la porte en 1642 et occupaient le fort San Salvador pendant plusieurs années avant de le détruire complètement.

Reproduction en miniature du Fort San Salvador (image : wikipedia)

En réalité, le fort disparu et les points d’artillerie ne sont pas les seuls sites qui intéressent les visiteurs. Sur la petite île existe encore une petite grotte naturelle surnommée « la grotte des écritures des barbares ». Durant les conflits militaires, les Espagnols ou les Hollandais s’y seraient cachés et auraient inscrit sur les rochers des mots dans leur langue. Malheureusement, l’humidité excessive à l’intérieur de la grotte et les graffiti des visiteurs ont rendu ces messages illisibles.

Rochers érodés sur la plage (photo : flickr)

A part ses sites historiques, Hoping-dao dispose aussi d’une grande richesse géologique. Sur ses plages, les rochers de formes irrégulières sculptés par l’érosion naturelle au fil des millénaires confèrent une grande valeur touristique à l’île. Néanmoins, une bonne partie de cette île de 66,3 hectares à marée haute et 89 hectares à marée basse, a été longtemps interdite aux visiteurs en raison de ses fonctions militaires. Ceci explique aussi le manque de développement sur l’île et l’exode de la jeunesse. Pourtant, Hoping-dao disposait du tout premier chantier naval moderne de Taiwan créé en 1937 à l’époque japonaise.