Taiwan prépare le terrain à un accord entre le Vatican et la Chine

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Le Pape françois reçoit l'ambassadeur taiwanais près le Saint Siège Matthew Lee Shih-ming (photo CNA)

La semaine dernière a été marquée par un changement sensible de l’approche taiwanaise sur la question d’un rapprochement entre la Chine et le Vatican, allié diplomatique précieux de Taiwan qui n’en compte plus que 17 dans le monde, le Saint Siège étant le seul en Europe et symboliquement un poids fort sur la scène internationale pour Taipei.

Changement palpable du discours officiel à Taiwan

La diplomatie est passée de son éternel leitmotiv « le rapprochement Chine-Vatican est loin tant les valeurs humaines et démocratiques chères au Vatican sont bafouées en Chine » à un discours qualifiant l’accord jugé imminent à « une entente sur le strict plan religieux » qui n’entamera donc en rien l’amitié et la reconnaissance officielle entre Taipei et Rome depuis 76 ans. L’accord discuté concerne essentiellement la nomination des évêques mais même s’il est annoncé régulièrement comme imminent, il n’a pas encore vu le jour tant les aspects d’une telle entente sont délicats et complexes.

Le dialogue a repris entre Pékin et le Saint Siège ce mois-ci après « l’échec » des discussions d’avant Pâques, fin mars dernier. A ce titre, plusieurs médias font état avec insistance d’avancées sérieuses et d’un accord imminent. Le porte-parole des Affaires étrangères Andrew Lee (李憲章) a en réponse indiqué que « le ministère se tient informé de l’évolution du dialogue sur le plan religieux entre le Vatican et la Chine », ajoutant que les relations diplomatiques officielles qu’entretiennent Taiwan et le Vatican n’en « seront aucunement affectées ».

Une avancée pour les croyants de Chine et la population en général

Dans ce ‘changement de vocable’ et d’approche sur l’accord annoncé, Taiwan estime important pour les croyants chinois de pouvoir bénéficier de la liberté religieuse et cet accord pourrait la leur garantir durablement, comme l’a tout récemment confié à CNA l’ambassadeur taiwanais près le Saint Siège, Matthew Lee Shih-ming (李世明) pour qui l’accord de nomination des évêques est attendu de longue date dans l’espoir d’ouvrir une nouvelle page de la vie des catholiques en Chine comme « opportunité offerte au peuple chinois de jouir d’une vie de foi normale, de réduire l’oppression de Pékin sur les chrétiens et d’encourager à terme la liberté de croyance sur le continent chinois. » En plus de rappeler la limite des discussions au spectre du domaine religieux, l’ambassadeur taiwanais estime faux et dangereux de sur-interpréter les discussions actuelles entre la Chine et le Vatican.

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