Le caractère 慶 (qìng): célébration

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En remontant aux premiers oracles sur carapaces de tortue (甲骨文Jiǎgǔwén), on découvre que trois parties se distinguent les unes des autres : tout d’abord nous pouvons remarquer l’esquisse d’une tête heureuse, d’un visage souriant. Ensuite, cette personne représentée comme souriante tient quelque chose, un présent, un trésor. A son origine, le caractère 慶 désigne ainsi un homme heureux que l’on félicite par un cadeau, d’où l’idée de célébration.

Il est intéressant de souligner qu’en évoluant, une troisième partie vient s’ajouter au caractère initial. En passant de oracles sur tortues à l’écriture sur bois, le caractère 慶 subit cette transformation de voir le cœur (心) s’ajouter ou plutôt s’intercaler entre le visage souriant et le trésor offert. Puis, les trois éléments se formalisent au gré du temps et nous obtenons ainsi une combinaison des notions en jeu : l’humain (人), le cœur (心) et l’accessoire, le cadeau. Dans les temps anciens du monde chinois, la peau de daim était réputée pour être un cadeau précieux idéal pour les plus grandes occasions. Il n’est donc pas étonnant de voir la 3e partie du caractère 慶 représenter cette peau de daim (鹿皮). Ainsi, le concept de célébration vient sceller une alliance entre l’homme heureux et le cadeau qu’il reçoit.

Les sinologues attribuent de nombreuses origines ou modifications dans l’étymologie du caractère d’aujourd’hui. Ainsi, certains y voient plutôt un « 文 » (texte, article) qu’un visage souriant et la peau de daim évolue aussi pour laisser place à un « 攵 » (suī ou pied 脚), symbolisant le fait d’aller, d’avancer. Ces deux parties sont reliées avec le cœur (心), qui lui reste identique. Quant au sens véhiculé, c’est toujours le même concept de célébrer, de féliciter qui est évoqué. Notons enfin que c’est le cœur (心) qui constitue la clé (radical) du caractère usité aujourd’hui, dans sa forme traditionnelle qui compte au total 14 traits.