Les chiffres 1,2,3: 一, 二, 三

7

En chinois-mandarin, les chiffres de base sont relativement faciles. Le chiffre 1, c’est d’ailleurs le caractère chinois le plus élémentaire puisqu’il s’agit justement d’un simple trait, horizontal :  (yī). Ce trait unique et simple brosse le caractère qui porte le sens de ‘un’, de ‘premier’. Il véhicule aussi le concept d’unicité appelant parfois même à une idée d’unité, de tout, voire d’absolu.

Le caractère , malgré sa simplicité, n’est pas un sinogramme simpliste. Il est, osons le terme, la clé de voûte de la pensée taoïste chinoise puisque c’est cet humble petit trait horizontal, qui répond à la sonorité ‘yī’ qui indique la création de l’univers en un instant, nous sortant alors du chaos et de l’infini. Le caractère  engendre le Tao. Il n’est donc pas étonnant de retrouver le sens et même le caractère  dans les caractères désignant le ciel,  (tiān) et dessinant la ligne d’horizon, le sol. L’unité de l’univers qu’il divise en deux. L’unité des forces complémentaires qu’il distingue : nous avons dans le caractère  cette clé de voûte qui dessine le ying et le yang, qui esquisse les contours de l’univers qu’il unifie comme un tout.

Après le chiffre « un », qui dépasse le strict contexte de chiffre, pour dire « deux », il suffit d’additionner deux « un » en associant deux traits horizontaux l’un au dessus de l’autre : , puis trois traits pour le chiffre trois : . Par contre il faut s’arrêter là car on ne pourrait dessiner à l’infini des traits superposés pour compter jusqu’à mille, dix mille et j’en passe. L’occasion pour nous de revenir la semaine prochaine avec la suite des chiffres et de leurs combinaisons.

   un                deux                trois