Revue Asie-Pacifique du 4 décembre 2018 : Lenteurs et frustrations aux procès des Khmers rouges

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Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) (Image : Flickr)

15 ans après la résolution de l’Organisation des Nations Unies (ONU) approuvant l’accord entre l’ONU et le Cambodge sur l’établissement des chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), le gouvernement cambodgien semble de plus en plus réticent à ce que les procès des Khmers rouges continuent.

Voilà aujourd’hui bientôt 40 ans que l’armée vietnamienne a marché dans Phnom Penh, provoquant la chute du régime meurtrier auquel Pol Pot avait donné le nom de Kampuchéa démocratique. Au moins 1,7 millions de personnes sont mortes d’avril 1975 à janvier 1979, d’exécutions, de famine, de travail forcé ou de maladies.

Aujourd’hui bien qu’un travail de mémoire colossal a été accompli, les procès des hauts responsables Khmers rouges restent un sujet de crispation, en particulier pour le gouvernement cambodgien dirigé par le premier ministre Hun Sen. Premier ministre entre 1985 et 1993, puis depuis 1998, les organisations de défense des droits de l’Homme l’accusent d’avoir mis en place un régime autoritaire corrompu, aujourd’hui plus ou moins régime à parti unique.

On se penche dans cette revue thématique sur les succès des chambres extraordinaires, mais aussi sur les frustrations qu’engendrent la lenteur et les limites des procès. En effet il y a quelques jours de cela, un haut responsable du régime Khmer rouge, Meas Muth, a été acquitté suite à des désaccords entre les juges. Les ONG déplorent une pression du gouvernement de Hun Sen qui s’exercerait notamment sur les juges cambodgiens. Gros plan dans cette revue sur les derniers développements du procès et sur les logiques internes qui motivent le pouvoir cambodgien à en demander la clôture .