Justice transitionnelle : les avoirs de la ligue nationale des femmes sont à retourner à l’Etat

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Lin Fong-cheng (au c.), président du comité de gestion des biens mal acquis par les partis politiques (Photo RTI)

En février 2018, le comité de gestion des biens mal acquis par les partis politiques a gelé les fonds de la ligue nationale des femmes la considérant de facto comme une organisation du Kuomintang qui aurait ainsi profité de ces liens pour s’enrichir. Après un an d’enquête, le comité de gestion des biens mal acquis a défini que la ligue doit rendre à l’Etat son patrimoine de l’ordre de 38,7 milliards de dollars taiwanais, soit 1, 1 milliard d’euros.

Le Président du comité Lin Fong-cheng (林峯正) a indiqué que le patrimoine en question provient essentiellement de « dons pour les militaires » qui étaient en réalité une taxe obligatoire imposée sur les commerces import-export lors de leur change de devise. Pour chaque dollar(américain de change, la ligue nationale des femmes pouvait obtenir un gain de dix centimes de dollars taiwanais. Cette taxe a été appliquée de 1955 à 1989 avec un taux régressif. Lin Fong-cheng a expliqué la position du comité : « C’était un don obligatoire car sans ce don, un commerçant ne pourrait pas changer une devise étrangère et il serait dans l’impossibilité de faire du commerce. Malgré l’appellation de « don », il s’agissait d’une obligation alors que selon les réglementations en vigueur de l’époque, le ministère de l’intérieur disposait d’une réglementation de collecte générale des dons permettant à une structure de faire la collecte de dons auprès de l’ensemble de population. Dans ce cas-là, il fallait agir conformément à cette réglementation. Après nos vérifications, les dons pour les militaires n’étaient pas encadrés par les lois en vigueur. »

Selon le comité de gestion des biens mal acquis, à la fin 1989, la ligue avait cumulé des dons de l’ordre de 19 milliards de dollars taiwanais, soit environ 543 millions d’euros. Cette somme a doublé grâce aux intérêts à la banque.