30 ans de Tian’anmen, Tsai Ying-wen appelle la Chine a plus de démocratie

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Le 4 juin 2019 marque les 30 ans du mouvement du 4 juin 1989 en Chine. Un événement durant lequel de nombreux étudiants ont perdu la vie sur la place Tian’anmen alors qu’ils manifestaient pour avoir plus de liberté et de démocratie. La présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, s’est exprimée dans une allocution. Elle a notamment déclaré qu’il était de son rôle de présidente de s’exprimer au nom des Taiwanais sur les événements de la place Tian’anmen : « La Chine devrait investir plus d’effort envers la démocratie et la liberté afin que la Chine, qui devient un pays puissant, puisse s’adresser à la communauté internationale en tant que pays réellement convaincant, capable de tolérer les différentes opinions pour que puisse émerger une société pluraliste. Par conséquent, j’espère que la Chine ou les autorités de Pékin puissent adopter une posture introspective et progressiste concernant les incidents du 4 juin. »

Le premier ministre Taïwanais Su Tseng-chang a tenu à saluer le courage des personnes ayant osé lutter pour faire avancer les principes démocratiques en Chine et espère que la croissance économique chinoise puisse l’inciter à rapidement renforcer les libertés et la démocratie : « Il y a 30 ans, sur la place Tian’anmen de Pékin, le peuple chinois désirait aussi avancer vers la démocratie et la liberté. C’est dommage que face aux tanks, à l’armée et à la police, la démocratie ait été battue. Nous saluons fortement le courage du peuple chinois et nous espérons énormément que la Chine, en parallèle de sa croissance économique, s’ouvre au plus tôt à la démocratie et la liberté. C’est quelque chose de naturel que les êtres humains avancent plus vers la démocratie et qu’en même temps, il y ait plus de respect pour la dignité humaine.»

La présidente a aussi déclaré aujourd’hui dans un message posté sur Facebook que « le fait qu’un pays soit civilisé ou non, dépend de la manière dont un gouvernement traite son peuple, et de la manière dont il traite les erreurs de son passé ». La présidente a cité l’exemple de Feng Conde (封從德), un des leaders du mouvement étudiants du 4 juin, qui fut extradé il y a quelques jours à l’aéroport de Hong Kong. Elle a aussi pointé du doigt les récentes déclarations du ministère chinois de la défense qui a déclaré à la communauté internationale que le gouvernement chinois avait pris les bonnes décisions dans sa gestion des événements de Tian’anmen. De plus, son message posté sur facebook rappelle les différents exemples de régression des libertés en Chine, en prenant le cas de Hong-Kong pour lequel le principe « d’un pays, deux systèmes » ne cesse de s’éroder pour tendre vers un système unique. Ceci prouve, selon elle, que la démocratie et le totalitarisme ne peuvent exister dans un même pays.

La présidente a enfin souhaité encourager les hongkongais et chinois qui aspirent à la démocratie. Elle a tenu à assurer que Taïwan maintiendrait la démocratie et la liberté.