La police condamnée pour avoir délogé violemment les manifestants en 2014

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Mouvement tournesol des étudiants de 2014

Le tribunal de Taipei vient de condamner la police de Taipei à verser une indemnité de 1,1 million de dollars taiwanais (soit plus de 32 mille euros) aux 10 manifestants blessés par la police lorsque cette dernière délogeait les manifestants du siège du gouvernement qu’ils occupaient en mars 2014. Dans son verdict, le tribunal a indiqué que, bien que les manifestants n’ont pas été sanctionnés par les autorités, la police aurait dû respecter le principe de proportionnalité dans l’exercice de ses fonctions. Sur les 29 plaignants qui ont attaqué la mairie de Taipei et la police de Taipei pour excès de violence, 10 ont obtenu gain de cause.

Le ministre de l’Intérieur Hsu Kuo-yung (徐國勇) a indiqué aujourd’hui qu’il respecte ce jugement qui ne nuira pas à la détermination de la police à exercer ses fonctions : « Chaque situation est différente. Si le tribunal évoque le principe de proportionnalité, c’est qu’il existe un principe devant la loi qui est appliqué en fonction des circonstances. La police elle aussi agit en fonction des circonstances. Il y a un centre de commandement qui est dirigé par le Chef de l’agence nationale de la police en personne lors des grandes manifestations. Pour des mouvements d’échelle moindre, ils sont dirigés par les chefs des bureaux de la police. Par exemple, le chef de la police de Taipei dirige son centre de commandement et donne des ordres relatifs. » La police de Taipei a indiqué qu’elle attendait de recevoir le verdict pour décider de faire appel ou non de la décision du tribunal. De son côté, le maire de Taipei Ko Wen-je (柯文哲) a indiqué qu’il respectait le jugement mais qu’il était nécessaire de prendre en considération le moral des policiers.

En mars 2014, les manifestants, essentiellement des étudiants, avaient initié un mouvement devant le Parlement pour s’opposer à l’accord commercial sur les services entre les deux rives. Après avoir occupé l’Hémicycle, une partie des manifestants ont pris d’assaut l’enceinte du siège du gouvernement pour organiser un sit-in et certains ont pénétré dans le bâtiment dans la nuit du 23 au 24 mars. Le 24 au matin, la police a utilisé des canons à eau à haute pression pour expulser les quelque 300 manifestants qui restaient dans l’enceinte du gouvernement.