Restreindre la liberté des Hongkongais n’est en rien une solution selon le palais présidentiel taiwanais

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Porte parole présidentiel Alex Huang (photo fournie par Wang Zhaokun)

Pékin a décidé d’étudier le projet de loi sur la « sécurité nationale » concernant Hong Kong durant la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP) qui s’ouvre aujourd’hui.

Ce projet de loi qui comporte sept articles vise quatre principaux actes : la subversion, la sécession, le terrorisme et l’ingérence extérieure. L’article 4 de ce projet de loi prévoit qu’en cas nécessaire, Pékin puisse établir un organisme de sécurité nationale à Hong Kong afin d’exécuter toute responsabilité relative.

Le vice-président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de Chine Wang Chen a déclaré aujourd’hui en dévoilant le texte de la loi sur la « sécurité nationale » qu’en raison du chaos anti-chinois à Hong Kong et de l’ingérence des forces hostiles extérieures, l’article 23 de la « Loi fondamentale » de Hong Kong a été stigmatisé et diabolisé depuis son vote en 2003. Il existe un risque de mise en attente prolongée, d’où la nécessité de prendre des mesures efficaces pour prévenir et sanctionner conformément à la loi. Wang Chen a également critiqué le fait que depuis le mouvement anti-loi extradition de l’année dernière, des forces anti-chinoises qui favorisent des troubles à Hong Kong prônent l’indépendance de Hong Kong et commettent un outrage public à l’étendard ou contre l’emblème national, ont encerclé les organismes centraux de Hong Kong et recouru à la force contre les forces de l’ordre et paralysé le conseil législatif.

Le porte-parole du gouvernement Ting Yi-ming (丁怡銘) a déclaré aujourd’hui que ce projet de loi va à l’encontre des engagements de Pékin de respecter le principe « un pays, deux systèmes » pendant 50 ans : « Concernant la Chine qui approuve « le renforcement du système juridique et le mécanisme d’exécution des lois afin de protéger la sécurité nationale de l’administration spéciale de Hong Kong », même si cela reste un projet à l’heure actuelle, ce projet va clairement à l’encontre des engagements de Pékin vis-à-vis de Hong Kong. Nous estimons que cela menace sévèrement la liberté et la démocratie pourchassées par les Hongkongais. Comme le dit très bien la fable d’Esope « Le vent et le soleil », tout contrôle et répression sévères ne gagnent jamais réellement la reconnaissance d’autrui. »

De son côté, le palais présidentiel a indiqué via son porte-parole Vincent Huang (黃重諺) que toute tentative de restriction des libertés et d’atteinte à la démocratie n’est en rien une solution pour Hong Kong. Le palais présidentiel conseille à Pékin d’ouvrir des dialogues et d’honorer ses engagements envers Hong Kong afin de résoudre le problème de fonds.

L’article 23 de la «loi fondamentale » qui a la valeur de la Constitution à Hong Kong depuis 1997 prévoit que Hong Kong élabore une loi interdisant «la trahison, la sécession, la sédition (et) la subversion». Seulement, cette loi n’a jamais pu être votée. Les autorités de Hong Kong qui avaient tenté d’instaurer cette loi en 2003 avaient provoqué des manifestations de plus de 500 000 personnes.

Récemment, des représentants de l’Assemblée populaire ou des membres de la Conférence consultative politique du peuple chinois ont ainsi conseillé de mettre en place une loi sur « la sécurité nationale » en contournant le conseil législatif de Hong Kong.