L’affaire Lee Ming-che est un baromètre des relations entre Taiwan et la Chine

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L’activiste taiwanais Lee Ming-che devrait être jugé demain mardi 28 novembre par la cour populaire intermédiaire de Yueyang dans la province du Hunan. Lee Ming-che est détenu en Chine depuis mars dernier après être entré sur le territoire chinois depuis Macao. Il est accusé de subversion contre le pouvoir de l’Etat.

D’après Teng Biao (滕彪), avocat et juriste chinois défenseur des droits de l’homme exilé aux Etats-Unis, Lee est devenu un pion de négociation dans les mains de Pékin.

Lee Ming-che est le premier Taiwanais à être accusé de subversion contre le pouvoir de l’Etat. Toujours selon Teng Biao, l’opinion internationale a souvent influencé les décisions judiciaires de Pékin, qui, par exemple, avait relâché cinq féministes en 2015 après que la communauté internationale se soit mise en émoi pour leur cas. Néanmoins, souligne Teng, il y a d’autres exemples où les décisions de la justice chinoise n’ont pas tenu compte de l’opinion internationale. Ce fut le cas notamment avec le cas de Liu Xiaobo et de sa femme Liu Xia. D’après lui, si le pouvoir chinois libère l’activiste taiwanais, la Chine apparaîtra faible, or le parti communiste chinois veut se montrer ferme envers Taiwan. La probabilité d’une sentence exemplaire est donc très forte selon lui. Mais si la sentence est légère, cela pourrait indiquer que le pouvoir chinois compte utiliser cette affaire comme atout pour obtenir ce qu’il veut dans d’autres domaines, notamment dans les futurs cas d’espionnage entre les deux rives. Selon lui, l’Etat chinois pourrait aussi faire le choix d’une condamnation lourde tout en libérant provisoirement l’activiste, ce qui permettrait à Pékin de conserver un pouvoir de négociation, à l’instar de ce qu’il avait fait avec les étudiants ayant pris part en 1989 aux événements de la Place Tiananmen.