33 personnes arrêtées après avoir pénétré dans les bureaux du ministère de l’éducation

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De nombreuses manifestations ont lieu depuis deux mois, principalement à Taipei, pour s’opposer à la réforme des programmes scolaires qui sera mise en place à la rentrée de septembre. Après plusieurs manifestations devant le ministère de l’éducation, un énième rassemblement a pris place hier soir jeudi à l’entrée du bâtiment officiel, située sur le boulevard Zhongshan, non loin du Parlement où des étudiants avaient pénétré dans la nuit du 18 mars 2014, marquant le début d’une occupation de l’enceinte du Parlement qui dura presque un mois.

Autour de 200 personnes ont passé la nuit devant le ministère de l’éducation jeudi soir, estimant que leurs revendications n’avaient pas été entendues. Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, une trentaine de manifestants parmi les 200 personnes encore présentes ont pénétré dans les bureaux du ministère de l’éducation. Ils ont été évacués par les forces de police vers 1h du matin ce vendredi. 30 manifestants, dont 11 mineurs ont été arrêtés. 18 d’entre-eux s’étaient enfermés dans le bureau du ministre de l’éducation. A noter aussi l’arrestation de 3 journalistes qui avaient pénétré dans le bâtiment à la suite des étudiants. Les manifestants présents dans la rue sont restés sur les lieux jusqu’à tard dans la nuit, exigeant la libération des personnes arrêtées.

Les protestataires se disent contre les changements des programmes et des manuels scolaires, des changements jugés mineurs par le gouvernement mais que les manifestants considèrent eux comme un dénigrement de l’histoire et de la culture taiwanaise au profit d’une vision sinocentriste, dans une perspective d’unification avec la Chine. Ils protestent aussi contre les méthodes qui ont permis la validation de ses changements, jugées obscures et entrant dans une tendance plus générale de politique de la boîte noire, c’est-à-dire des politiques manquant de transparence. Le ministre de l’éducation Wu Se-hwa a réagi à l’instrusion des étudiants dans son ministère : « Nous faisons face en échange de notre tolérance à des comportements déraisonnables. Ce type de comportements dépasse les limites et montre un mauvais exemple. C’est pourquoi nous avons décidé d’engager des poursuites judiciaires. »

La candidate du DPP à la présidentielle Tsai Ing-wen a quant à elle appelé le gouvernement à mettre en place une communication plus directe avec les étudiants mais aussi les citoyens en général. Elle considère qu’au vu des réactions et des fortes controverses que provoquent ce problème, le pouvoir en place n’a pas assez communiqué rellement et activement avec la population.