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43% des Taiwanaises victimes d’agressions sexuelles au travail

  • 08-03-2021
  • La Rédaction
43% des Taiwanaises victimes d’agressions sexuelles au travail
Dénonciation des agressions sexuelles au travail par la fondation des femmes mordernes taiwanaises pour la journée des droits des femmes (photo CNA))

En cette journée internationale des droits des femmes, la fondation des femmes modernes taiwanaises (38.org.tw) a fait part des résultats de son enquête en ligne sur les « harcèlements des femmes au travail » au cours d’une conférence de presse. Ce sondage, effectué auprès de 1057 femmes, a fait apparaitre que 43% des femmes disent avoir été victimes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. Beaucoup de personnes s’imaginent que la majorité concernent des blagues obscènes, mais l’enquête révèle qu’en tête du harcèlement sexuel au travail se trouvent les contacts physiques dans 64% des cas. Cela inclus, par exemple, prendre par l’épaule, caresser la tête, étreindre ou une main aux fesses. Après cela vient le harcèlement verbal qui, dans 61% des cas, impliquent des propos sexuels ou sexistes. Quant aux gestes plus graves tels que les regards insistants, les invitations déplacées et la diffusion de supports audiovisuels directement liés au sexe, elles représentent 37% des cas.

Parmi les personnes sondées et ayant avoué être victimes d’harcèlement sexuel, 87% disent ne pas avoir eu d’actions de correction au niveau de l’entreprise en sachant que 64% des victimes n’ont pas informé l’entreprise. Mais selon les sondées, dans 23% des cas, l’entreprise était au courant mais n’a pas effectué d’action de correction. 90% des victimes ont choisi de ne pas recourir à une plainte adminstrative. La présidente de la fondation Wang Ju-hsuan (王如玄) en explique la raison : « Les femmes au travail n’osent pas porter plainte. La principale raison est qu’elle craint le jugement des autres. C’est-à-dire que les autres ne croient pas ce qu’elle raconte. La seconde raison est qu’elle craint qu’après avoir dénoncé un harcèlement dans l’entreprise, ses avantages et opportunités au travail soient influencés. Car si on compare, ce sont plus souvent les supérieurs hiérarchiques que les collègues qui agissent de la sorte. »   

Wang Ju-hsuan a également rappelé que la loi actuelle prévoit que les entreprises de plus de 30 employés doivent mettre en place des mesures de prévention du harcèlement sexuel et des mesures disciplinaires contre les agresseurs. Si l'entreprise ne remplit pas ses obligations, elle peut se voir infliger une amende de 100 000 à 500 000 dollars taiwanais soit entre 3 000 et 15 000 euros.

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