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Le microbiote intestinal peut réguler le comportement social chez l’homme

  • 18-07-2021
  • La Rédaction
Le microbiote intestinal peut réguler le comportement social chez l’homme
Equipe de recherche (photo fournie par le ministère des Sciences)

Le ministère des Sciences a tenu cette semaine une conférence de presse pour présenter le résultat des six ans de recherche d’une équipe de scientifiques de l’Université nationale Cheng Kung. Selon cette recherche, le microbiote intestinal peut réguler le comportement social via les neurones de réponse au stress dans le cerveau chez des souris et cette recherche pourrait être constructive à l’avenir pour le traitement de certaines maladies comme l'autisme, la schizophrénie, la dépression ou le trouble d'anxiété sociale.

Le premier auteur de cette recherche, Wu Wei-li, professeur adjoint du faculté de physiologie de l’Université Cheng Kung et son équipe en collaboration avec l’équipe du professeur Sarkis Mazmaniane de faculté de biologie et de génie biologique de California Institute of Technology ont étudié comment le microbiote intestinal affecte le comportement social de son hôte.

Wu Wei-li a expliqué que la comparaison des activités sociales des souris dépourvues de bactéries, des souris dites sans germe et des souris ordinaires, montrent que les souris sans germe ont des comportements d’interaction sociale plus faibles. Néanmoins, en même temps, leur hormone liée à la pression artérielle « corticostérone » présente une concentration plus élevée. Par la suite, les chercheurs ont utilisé différentes méthodes pour bloquer la corticostérone et les souris sans germe regagnent une vie sociale normale. En même temps, les chercheurs ont utilisé la corticostérone pour stimuler les souris ordinaires, lesquelles ont commencé à présenter des lacunes dans leurs comportements sociaux.

Cette recherche prouve que les bactéries intestinales peuvent réguler la réponse au stress et le comportement social des animaux. « Nous avons découvert qu'un circuit cérébral peut être affecté par des bactéries intestinales, ce qui peut provoquer des changements de comportement. Ceci était peu étudié dans le passé. Nous avons donc découvert le mécanisme neuronal qu’empruntent les bactéries intestinales pour affecter la performance du comportement », a déclaré Wu Wei-li.

Les chercheurs ont d’ailleurs identifié la bactérie enterococcus faecalis, qui favorise l'activité sociale et réduit les niveaux de corticostérone chez la souris suite à un stress social. Selon les chercheurs, cette recherche pourrait favoriser à l’avenir le traitement de l'autisme, la schizophrénie, la dépression ou le trouble d'anxiété sociale. Wu Wei-li précise néanmoins que la bactérie enterococcus faecalis représente toujours des risques pour le monde médical. Par conséquent, le chemin est encore long avant qu’elle puisse être utilisée en médecine clinique.

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