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La ligne du métro Sanying accusée d’exploiter des travailleurs migrants

  • 13-08-2021
  • La Rédaction
La ligne du métro Sanying accusée d’exploiter des travailleurs migrants
Conférence de presse de New Power Party et de l'association taïwanaise des travailleurs internationaux (Photo CNA)

La compagnie nationale indonésienne PT Wijaya Karya Tbk (Wika) collabore avec la compagnie taïwanaise RSEA Engineering Corporation dans le projet de construction de la ligne Sanying du métro de Taipei. Aujourd’hui, le député du New Power Party Chiu Hsien-chih (邱顯智) et l’association taïwanaise des travailleurs internationaux ont organisé une conférence de presse dénonçant les mauvaises conditions de travail et la pratique d’une éventuelle exploitation transfrontalière. L’association demande au ministère du Travail d’apporter son aide aux travailleurs exploités et de mener une inspection du travail sur le recrutement des travailleurs migrants par la RSEA Engineering Corporation.

Hsu Chun-huai (許淳淮), un agent de l’association taïwanaise des travailleurs internationaux, a indiqué que des travailleurs migrants introduits par la compagnie RSEA Engineering Corporation ont déposé une plainte auprès de l’association au sujet de leurs conditions de travail. Ils ont indiqué que leur salaire est versé en roupies indonésiennes par la compagnie Wika directement dans leur compte en Indonésie. Selon Hsu Chun-huai, le salaire de base des travailleurs est seulement de l’ordre de 9 677 dollars taïwanais (296 euros) et ils dépensent environ 4 000 dollars taïwanais (122 euros) dans leur vie quotidienne à Taïwan. La somme restante du salaire est ainsi transférée directement sur le compte des travailleurs en Indonésie. Néanmoins, les travailleurs migrants peuvent devoir effectuer 176 heures supplémentaires par mois qui ne sont payées que 47 dollars taïwanais (1,44 euro) par heure. L’association taïwanaise des travailleurs internationaux dénonce la situation puisque la loi n’autorise que 46 heures supplémentaires par mois , ajoutant que salaire mensuel et le salaire des heures supplémentaires appliqués à ces travailleurs migrants sont largement inférieurs aux salaires minimums légaux à Taïwan, comme l’explique Hsu Chun-huai : « Si nous calculons les heures supplémentaires avec le salaire minimum en vigueur à Taïwan, les travailleurs migrants devraient toucher 54 813 dollars par mois alors qu’ils ne touchent que 20 344 dollars taïwanais. L’écart est de 34 496 dollars taïwanais. Où est partie cette somme ? Le salaire est-il versé par la RSEA Engineering Corporation ou par la WIKA ? Il reste de nombreuses zones d’ombre à éclaircir. »

Le ministère du Travail a indiqué que, conformément à la loi sur le travail, l’employeur doit payer les travailleurs migrants en dollars taïwanais et dans l’intégralité de leur salaire. Le fait de déduire les frais de vie quotidienne et payer ensuite le soi-disant restant en roupies indonésiennes est déjà une action illégale. Si l’entreprise recourt aux heures supplémentaires de manière illégale sans payer aux employés le salaire dû, elle s’expose à des amendes à hauteur d’1 million de dollars taïwanais (plus de 30 000 euros).

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