:::

La Fondation Chi Po-lin lancée dans un marathon sans applaudissements

  • 17-12-2021
  • La Rédaction
La Fondation Chi Po-lin lancée dans un marathon sans applaudissements
La Fondation Chi Po-lin établit une base de données des archives numérisées de Chi Po-lin (source: Fondation Chi Po-lin)

Le photographe et réalisateur de documentaire Chi Po-lin (齊柏林) est décédé tragiquement dans le crash d’un hélicoptère en juin 2017 alors qu’il tournait des images pour son projet de suite du documentaire intitulé Beyond Beauty – Taiwan from Above (Au-delà de la beauté – Taïwan depuis les airs) qui avait remporté le prix du meilleur documentaire aux Golden Horse Awards 2013.

La Fondation Chi Po-lin créée en 2018 travaille à la création d’une base de données numérisées des archives du photographe, sachant qu’on dénombre près de 110 000 négatifs, plus de 500 000 photos numériques et près de 1000 heures de vidéos. Pour ce gigantesque travail qualifié de « marathon sans applaudissements », la Fondation peut compter depuis cette année sur le soutien de l’agence du contenu culturel créatif de Taïwan (TAICCA), ce qui a permis l’établissement d’une base de données des archives numérisées de Chi Po-lin.

Chan Yu-wen (詹宇雯), du groupe de collection numérique du bureau de création multi-contenus de la Fondation a expliqué que malgré les ressources limitées en personnel et en financement, elle oeuvrait activement et pas à pas pour numériser ce trésor afin de le préserver et surtout de pouvoir le partager. Après le lancement officiel de cette base de données qui est en cours de constitution, Chan Yu-wen a détaillé que cette base comprendrait trois parties : une sur les 1000 heures de vidéos tournées par Chi Po-lin mais qui n’ont pas encore été traitées, une sur les photos numériques plus facile à répertorier et classer en raison des informations d’enregistrement afférentes au format numérique et la 3e partie sur la numérisation des négatifs.

Ce dernier volet est délicat pour plusieurs raisons : les 110 000 négatifs recensés représentent un coût non négligeable dans tout le processus de numérisation. Certains clichés n’ont pas été répertoriés correctement, ce qu’il faut corriger avant la numérisation pour le classement correct de la base de donnée en cours d’élaboration. Sans compter que ces négatifs relèvent d’une industrie en déclin et qu’il est difficile de s’équiper adéquatement pour scanner, numériser et retoucher les clichés parfois abîmés en raison d’une mauvaise conditin de conservation : « En ce qui concerne la numérisation des négatifs, l’ensemble du processus s’avère difficile à suivre car cela reste des négatifs. Par exemple, nous devons encore déterminer le lieu précis et la date de chaque prise de vue. Ensuite, il nous faut déterminer si tel ou tel cliché doit être sélectionné et numérisé. Pour les négatifs numérisés, nous devons aussi préciser si les photos ont été retouchées ou non. Ensuite, c’est une partie qui nous concerne, parce que nous touchons une industrie déjà sur le déclin. Donc nous devons trouver des ressources, ne serait-ce que pour un scanner par exemple. Il y a certains équipements plus spécifiques qui sont difficiles à trouver. Nous devons parfois chercher sur internet et tenter de dénicher la perle rare, parfois sur les ventes en ligne. »

Pour autant, à l’image de la persévérance de Chan Yu-wen, le Fondation Chi Po-lin persiste et avance dans son vaste projet. La directrice-adjointe de la fondation, Lee Hui-chi (李惠琪), a d’ailleurs souligné l’importance que représente le matériel photo et vidéo laissé par Chi Po-lin et la mission de la Fondation pour les conserver et mettre à disposition du grand public pour perpétrer l’engagement éducatif et environnemental de Chi Po-lin. En outre, la directrice-adjointe entend explorer toutes les opportunités possibles pour la Fondation de faire de cette base de données un partage de nouvelle génération de la base « iTaiwan8 » initiée par Chi Po-lin de son vivant, à compter de l’année prochaine.

 

 

Vos commentaires

Derniers articles de cette catégorieplus