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Manifestations en Chine : « Révolution des feuilles blanches »

  • 28-11-2022
  • La Rédaction
Manifestations en Chine : « Révolution des feuilles blanches »
Manifestants à Shanghaï (Reuters)

La « Révolution des feuilles blanches », c’est le nom utilisé par les médias taïwanais aux protestations qui agitent le pays voisin depuis quelques jours. À l’origine de ces manifestations, un incendie à Urumqi, dans la province ouïghoure du Xinjiang, qui a détruit un immeuble le 24 novembre et causé la mort de 10 personnes. Les habitants n’ont pas été évacués assez vite, et les secours ont été ralentis à cause des mesures de confinement. C’est l’évènement qui met le feu aux poudres, déclenchant une série de manifestations à travers toute la Chine en solidarité avec les victimes de l’incendie et contre les mesures draconiennes du Parti communiste, qui tient dur comme fer à sa politique zéro Covid. 

Slogans et critiques étant très vite interdits dans le pays, c’est cette fois un symbole de cette censure qui est utilisé pour exprimer ce qui ne peut être dit : une feuille blanche. Des vidéos sur Twitter montrent des manifestants dans les rues de Shanghai, de Pékin ou d’autres villes tenant une feuille blanche (voire faisant le geste de tenir une pancarte, sans rien avoir entre les mains). Certains crient des slogans : « La liberté ou la mort », « PCC démission », « Xi Jinping démission ». Ces cris montrent non seulement que la population de Chine n’en peut plus des mesures strictes imposées par le gouvernement, mais aussi que son mécontentement va au-delà de la gestion du Covid-19. Les manifestations continuent à prendre de l’ampleur, la police arrêtant des manifestants et confisquant parfois des feuilles blanches.

L’activiste chinois Wang Dan (王丹), exilé à Taïwan, a appelé au soutien des manifestants en Chine et a insisté sur l’importance de transmettre les informations ; si la situation dégénère en Chine, il est possible que le Parti communiste coupe totalement Internet dans certaines régions, rendant ainsi très difficile toute communication. Une cinquantaine d’universités et de nombreuses villes sont déjà devenus des lieux de manifestations ; Wang Dan, ancien leader des protestations de Tiananmen en juin 1989, juge que si le gouvernement chinois accepte de faire des concessions, il est encore possible de calmer le jeu. Mais s’il choisit la répression et fait intervenir l’armée, le Parti finira par être renversé.

Le Premier ministre Su Tseng-chang (蘇貞昌) a été interrogé aujourd’hui (le 28), pour savoir s’il pense que Pékin va s’en prendre à Taïwan, afin de détourner l’attention des conflits internes.

Il a répondu que la plupart des pays du monde ont appris à cohabiter avec le virus du Covid-19. Taïwan a aussi ouvert ses frontières, invitant les touristes à venir, mais la Chine a au contraire implémenté un confinement très strict qui limite fortement la vie quotidienne de la population. Il n’est pas étonnant que cela ait entrainé des vives protestations. Selon le Premier ministre, la Chine est un pays totalitaire qui se situe juste à côté de Taïwan, c’est pourquoi Taïwan continuera à surveiller avec attention tout mouvement de sa part et agira en conséquence.

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