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Radio Taiwan InternationalLes associations taïwanaises alertent sur la santé mentale des jeunes

  • 19-11-2021
Décryptage
Cours de langues pour la jeunesse à Tainan (source photo municipalité de Tainan)

Une ONG taïwanaise a alerté cette semaine sur le risque d’une imminente crise de la santé mentale chez les jeunes Taïwanais.

Le Fond taïwanais pour les enfants et les familles a publié mardi les résultats d’une de ses études menées sur 607 jeunes de 7 à 18 ans, selon laquelle plus d’1/5 des enfants et adolescents confient avoir récemment eu des pensées suicidaires. Des chiffres alarmants liés à une santé mentale qui se dégrade, et qui est la première cause des tentatives de suicide chez les jeunes.

L’ONG a présenté les détails de son étude lors d’une conférence de presse : parmi les jeunes interrogés, 21,6 % des enfants et des adolescents ont dit avoir eu des pensées suicidaires au cours de la semaine précédant le sondage, tandis que 19,3 % avouaient faire face à des émotions négatives pendant plus de la moitié de la semaine.

Des émotions négatives venant de problèmes à l’école pour 76,8 % d’entre eux et/ou de problèmes relationnels pour 54,4 % de ces jeunes, dont la moitié se dit réticent à demander de l’aide.

Une étude académique publiée en avril 2020 dans le International Journal of Environmental Research and Public Health par une équipe de chercheurs dont notamment Gao Yu-juan, confirme la situation en montrant la forte prévalence des symptômes dépressifs chez les adolescents âgés entre 13 et 18 ans.

L’étude remarque aussi une absence de littérature liée au risque de dépression chez les enfants taïwanais et s’est donc penchée sur les symptômes dépressifs chez les enfants vivant en milieu rural tout en mesurant le lien avec les résultats académiques de ces enfants. Une étude menée sur un échantillon de 1655 jeunes de 92 écoles dans 4 comtés ou municipalités à bas revenus.

Là aussi les résultats vont dans le même sens : 38 % des élèves présentent un risque de dépression avec des symptômes cliniques significatifs, tandis que 9 % présentent, eux, un risque de dépression grave.

De plus, comme on pouvait d’ailleurs d’y attendre, les mauvais résultats académiques se révèlent étroitement liés à la prévalence de symptômes dépressifs.

Mais il est aussi intéressant de constater que sont particulièrement affectés les enfants de parents vivant loin pour des raisons professionnelles, ainsi que ceux dont un des parents est un immigrant, ce qu’on appelle à Taïwan les « nouveaux résidents » et qui sont souvent des femmes originaires de Chine, du Vietnam ou de communautés de culture chinoise d’Asie du Sud-Est.

L’étude conclut en conseillant des financements plus importants pour les services de santé mentale ciblant les enfants d’école primaire en milieu rural et en particulier auprès des groupes à haut risque.

Le Fond taïwanais pour les enfants et les familles a parlé cette semaine d’une « crise de la santé mentale » chez les jeunes en rappelant les statistiques du ministère taïwanais de la Santé, selon lesquels le nombre de suicides et de tentatives de suicide chez les 7-18 ans a été multiplié par 5 en 4 ans, passant de 1 152 en 2016 à 5 464 en 2020.

Les statistiques du département de la Santé de la ville de Taipei confirme cette tendance en révélant une fote hausse du nombre de suicides chez les jeunes en 2018 et en 2019. En 2019 en effet, la ville de Taipei avait recensé 339 suicides au total, soit une baisse de 10 par rapport à l’année précédente. Mais sur ces décès, le nombre concernant les jeunes de 15 à 24 ans était passé de 17 à 28, soit une augmentation dramatique de 64,7 % en un an.

Hu Yen-wei (胡延薇Húyánwēi), une spécialiste de la question et directrice du Syndicat taïwanais des psychologues conseillers, a ainsi exhorté les parents à contacter un professionnel aussi rapidement que possible pour aider leurs enfants souffrant de symptômes dépressifs.

Animateur(s) de l’émission

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